Pour que chacun puisse se loger

Pour que chacun puisse se loger
Pour que chacun puisse se loger

Pablo Cruchon, secrétaire de SolidaritéS

Une grave pénurie de logements sévit à Genève depuis trop longtemps. La situation s’est encore aggravée sous l’impulsion de Mark Muller et des milieux immobiliers. Depuis dix ans, la moitié des nouvelles constructions sont des logements à vendre (PPE) ou des villas, à des prix inaccessibles à l’écrasante majorité de la population (9000 fr./m2).

Cette politique a favorisé des scandales de spéculation immobilière, l’envolée des prix des loyers, mais a aussi rendu les locataires plus exposés aux régies. Il est nécessaire d’agir pour changer cette situation intolérable. Ces initiatives le permettent et garantiront à toutes et tous le droit au logement en favorisant la construction de logements accessibles.

En demandant que chaque nouvelle construction prévoie au minimum 80% de logements locatifs, 50% de logements sociaux et 30% de logements bon marché, ces initiatives s’engagent pour que chaque Genevois-e trouve un logement en fonction de son revenu. Actuellement, lorsque l’on construit de nouveaux quartiers, la moitié des logements construits le sont à destination de la minorité la plus fortunée alors que la majorité peine à trouver un logement avec un loyer accessible. Il est temps que le type de construction corresponde à la réalité concrète.

Ces initiatives cherchent également à freiner la spéculation immobilière et la course au profit qui ont une forte influence sur la hausse des loyers. Elles proposent ainsi de faire réaliser la moitié des nouvelles constructions par des maîtres d’ouvrage sans but lucratif comme les fondations municipales et les coopératives. Cela aura pour effet de sortir les logements de la logique du marché, assurant des loyers moins élevés tout en favorisant la participation des habitant-e-s aux décisions les concernant.

En garantissant que ces taux s’appliquent lors de chaque déclassement, ces initiatives permettent aussi de s’assurer que les logements créés correspondent aux besoins de la population tant que durera la pénurie. Avec un tel manque de logements, il est essentiel que tout le monde puisse trouver un logement adapté à son revenu.

Aujourd’hui, la situation à Genève est telle que nous n’avons plus le choix. Nous ne pouvons plus laisser le contrôle des logements aux milieux immobiliers. Nous devons mettre en place une véritable politique volontariste qui réduise les marges de profits de certains pour permettre au plus grand nombre de se loger. Ces initiatives, soutenues par un large front politique et associatif, se battent pour que tout le monde puisse trouver un toit. Le logement est un droit, pas une marchandise.